Utilisation de notre cerveau dans l'écriture créative
Nous venons de voir que le cerveau droit est le créateur du récit que l'on veut écrire. Pour bien utiliser notre cerveau droit et faire taire notre cerveau gauche, il va falloir un peu d'expérience et des trucs qui vont nous guider dans cette démarche. Quelques astuces sont dévoilées ici :

    1 - Il faut d'abord chasser tous les a priori de notre esprit. Il est très mauvais de vouloir écrire sur un sujet donné. Il faut savoir que l'écriture créative n'est pas faite pour la rédaction d'un rapport ou d'une thèse où le cerveau droit n'est d'aucune utilité.
Si un thème nous tient à cœur, enregistrons-le dans notre esprit, pensons à tout ce que nous voulons traiter dans ce sujet puis empressons-nous d'oublier tout cela avant d'écrire.

    2 - Nous voilà devant la page blanche et l'angoisse nous prend alors. Nous n'arrivons pas à poser le moindre mot sur le papier. C'est un bon début ! Mais comme il faut quand-même bien démarrer, passons tout de suite à l'étape suivante qui concerne l'accroche. (la prochaine fois, évitons de passer par la phase "page blanche").

    3 - L'accroche, c'est le petit truc qui va permettre de se lancer dans l'exploration de notre subconscient, car c'est bien lui qu'il faut solliciter. L'accroche ne doit pas avoir de rapport avec le sujet de notre récit (et, je le répète, il n'est absolument pas nécessaire d'avoir un sujet en tête). Si cela est possible, l'accroche doit nous être fournie par une tierce personne qui ne connaît pas nos desseins, mais dans le cas contraire, il va falloir faire un choix aléatoire par nous-même.
- Cette accroche peut être une image choisie dans un magazine (on l'ouvre au hasard et l'on décide de prendre la première image de la page).
- Cela peut être un ou plusieurs mots (ouverture du dictionnaire et retenue du nième nom, adjectif ou verbe selon la décision prise avant).
- On peut utiliser une phrase relevée dans un livre (toujours avec recherche aléatoire de la page et décision de prendre la nième phrase).
- Un objet fait également une belle accroche, on peut le rechercher dans une encyclopédie (méthode du dictionnaire ci-dessus), ou en regardant autour de soi (on ferme les yeux, on pointe le doigt dans le vide et on découvre l'objet ainsi désigné).
- Bref, vous avez compris le principe, à vous de trouver d'autres astuces pour trouver vos accroches.
Nous voici devant notre page blanche et notre (nos) accroche(s).
Nous sommes parés pour commencer. Regardons notre accroche et écrivons immédiatement tout ce qui nous passe par la tête à ce moment là.
** Petit aparté : notre cerveau droit réagit à l'accroche en faisant resurgir des souvenirs, en créant des idées, en élaborant des analogies, il fait son boulot, quoi ! Alors, laissons-le faire sans le déranger avec nos réflexions terre-à-terre.**
Donc, nous écrivons... des mots, des sensations, des actions. Très vite, nous imaginons une situation, avec ou sans personnages. Cette situation se met à vivre, à évoluer et il ne faut surtout pas la laisser faire toute seule, il faut décrire ce qui se passe. En style télégraphique s'il le faut pour ne pas perdre le fil de l'action.
Soudain un mot nous manque, laissons un blanc (pas grave, le contexte nous le fera retrouver à la relecture). Quelquefois nous sommes tentés de relire ce que nous avons déjà écrit. Très mauvaise idée suggérée par ce sournois cerveau gauche, n'en faisons rien, poursuivons.
Bien sûr, la panne va arriver : nous ne savons plus quoi écrire, la tête est vide, le crayon ne veut plus avancer, c'est le moment de... Comment ! Faire une pause ? Que nenni, il faut relancer la machine au contraire. Pour cela, nous recherchons une nouvelle accroche et c'est reparti.
Vous me direz alors que ça peut repartir dans une toute autre direction. Et alors ? Ce que nous avons déjà écrit (avec notre première accroche) est niché dans notre subconscient et notre cerveau droit va agir en conséquence, il fera les raccords nécessaires - tant bien que mal, je vous l'accorde, mais c'est lui qui décide - et puis, je l'ai déjà dit, on prendra le temps, plus tard, de corriger tout cela.
Voilà, une histoire s'élabore "à notre insu", en effet, nous ne contrôlons rien, notre cerveau droit commande, notre main agit. Comme le disait ma prof d'atelier d'écriture : "l'histoire est dans votre crayon, vous ne la connaissez pas encore."
Essayons d'aller au bout de notre récit en tentant d'élaborer une chute (dans le cas d'une nouvelle), ou en laissant une ouverture pour un nouveau chapitre (dans le cas d'un roman).

Ceci fait, il faut maintenant faire les corrections nécessaires. C'est le moment de sortir notre dictionnaire, notre manuel de grammaire, de nous apprêter à faire des graphiques de temps, des cases de relation entre personnages, etc. Et d'attaquer une première relecture. Et là, une constatation s'impose : nous découvrons notre histoire, comme si c'était la première fois que nous la lisions.
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